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Book Review: Le Club des petites filles mortes, Gudule

Book Review: Le Club des petites filles mortes, Gudule
GUDULE, Le Club des petites filles mortes, Paris, Bragelonne, 2008, 672 p.

Titre : Le Club des petites filles mortes

Auteure : Gudule

Série : L’intégrale de Gudule, 1

Rating : 3 étoiles ; 7/10

Genre : Horreur, fantastique, science-fiction, intégrale

Édition : Bragelonne, 2008.

Description : Oyez, bonnes gens, le club des petites filles mortes ouvre ses portes.

Au menu : sang frais, frissons, peurs bleues et nuits blanches à gogo. Avis aux amateurs !

Car ces gamines, elles en ont, de belles et terribles choses à vous raconter… Des contes modernes effrayants et bouleversants où elles se vengent des adultes avec une cruelle innocence. Avec un humour qui arrache le sourire et un style incisif unique en son genre, teinté de poésie et d’émotion.

Bienvenue dans l’horreur des contes de fées qui ont mal tourné, au pays des enfances brisées dont les rescapées sont d’autant plus attachantes qu’elles peuvent être très, très méchantes…


Le Club des petites filles mortes est le premier volume de l’intégrale des romans de Gudule paru aux éditions Bragelonne en 2008. Il s’agit d’une compilation d’histoires d’horreur, situées dans notre monde, dans des univers fantastiques ou dans des décors de science-fiction.

Dancing Lolita

On ouvre le bal avec un inédit, soit Dancing Lolita, une histoire d’inceste et de pédophilie dans un cadre SF tout à fait intéressant où les vieillards se glissent dans la peau de jeunes prépubères. Poignant d’abord, le texte, malheureusement, perd de sa puissance au fur et à mesure qu’il progresse. Je dirais que le récit perd considérablement de son intérêt à partir du moment où les protagonistes atteignent Puits-Quercy. C’est là que les rencontres fortuites commencent à être difficiles à digérer. Quant à la fin, elle a beau se vouloir surprenante, elle laisse un arrière-goût de non-sens. Pourquoi tout cela si c’était pour en finir ainsi?

Entre chien et louve

Dans Entre chien et louve, on suit un homme réincarné en chien qui retrouve sa femme. D’abord heureux de combler la solitude de sa veuve, il est bientôt accablé de désillusions sur sa vie d’avant-la-mort lorsqu’Astrid se livre en confidences à l’animal. Un récit avec une fin prévisible, qui prend son temps et se révèle longuet. Pas désagréable, il se lit bien. Même qu’à certains moments, le texte est tout simplement déchirant. Il aurait gagné cependant à se fondre dans un format plus court comme celui de la nouvelle.

Gargouille

On enchaîne ensuite avec Gargouille, un récit fantastique très traditionnel; celui d’une enfant maltraitée qui se venge de ses tortionnaires en s’alliant à quelques forces obscures. Une histoire convenue donc, sans surprise, qui rappelle les mauvais films d’horreur qui foisonnent au cinéma. Tout le monde se fait tuer, c’est ça l’idée. De plus, les assassinées ne sont guère attachantes, si bien qu’on se fout complètement de leur sort. Le texte le plus faible de ce recueil.

La Petite Fille aux araignées

La Petite Fille aux araignées, c’est l’histoire d’une fillette qui voit sa mère dépérir tandis qu’on lui vole sa jeunesse pour la donner à une autre. Le personnage de Miquette est fascinant dans ses réflexions, sa psychologie. La déchéance de sa mère, l’égoïsme de sa tante, la stupidité de Tu-Ahn et l’innocence de la petite fille font un mélange cruel. Un texte émouvant de bout en bout.

Mon âme est une porcherie

Tout de suite après vient Mon âme est une porcherie, ou l’histoire d’une petite fille qui tombe en amour avec un cochon magique. Malaimée pour sa laideur, elle subit le dédain de tous, y compris celui de ses parents. Ce qui est pertinent ici, c’est de voir comment elle perçoit les réactions des autres à son égard. Elle a si peu d’estime qu’elle trouve normal que les autres soulignent sa hideur sans arrêt, que sa mère la frappe ou que son père l’enferme dans le placard. Elle est à peine incommodée par quelques meurtres indirectement de son fait. Elle a une notion dénaturée du bien et du mal. Une histoire très intéressante de ce point de vue, même si la trame en elle-même n’a rien de spectaculaire.

Petite Chanson dans la pénombre

Avec Petite Chanson dans la pénombre, on a le droit à un nouveau portrait de petite fille à hérisser les poils. Cette fois-ci, notre héroïne (et victime) est morte, prisonnière depuis plus d’un demi-siècle de l’étable de son violeur et assassin. Cinquante ans qu’elle rumine sa vengeance quand elle fait la connaissance de Zoé, une autre fillette. Une petite fille morte qui en brise une autre pour pouvoir renaître. On a beau sentir venir la fin, elle n’en demeure pas moins terrible.

La baby-sitter

Gudule nous offre un récit plutôt moyen avec La baby-sitter; histoire sans originalité d’une gardienne d’enfant qui perd la tête en raison d’un traumatisme de jeunesse. Voilà que les petits jumeaux dont elle a la responsabilité se révoltent. Une idée déjà vue mille fois et qui ne parvient jamais à s’écarter des sentiers battus. Pas déplaisant, mais pas spécialement emballant.

Repas éternel

Le recueil se conclut avec Repas éternel, un texte qui se démarque des autres dans sa façon d’être amené. Ici, plutôt que de s’intéresser à la psychologie profonde des personnages, on s’attarde davantage à l’histoire en elle-même. Ici, l’auteure, avec un style très visuel, n’est pas avare de détails sordides pour enrichir son univers de science-fiction cauchemardesque. Univers qui, par ailleurs, est très intéressant et qui mériterait qu’on s’y attarde encore davantage. En fin de compte, un récit qui vous prend à la gorge et qui se renforce au fur et à mesure pour se terminer sur un sommet d’horreur amer.


Finalement, un bilan global plus positif que négatif pour Le Club des petites filles mortes. Même lorsque l’un des textes se révèle moins pertinent, il se lit bien malgré tout, car servi par l’écriture très colorée de Gudule. À déplorer cependant, le nombre indécent de coquilles qui jalonnent les pages. Sinon, je retiendrai tout particulièrement les trois histoires suivantes : « La Petite Fille aux araignées », « Petite Chanson dans la pénombre » et – surtout – « Repas éternel ».


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