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Avis lecture: Le Songe d’une nuit d’octobre, Roger Zelazny

Merci aux éditions ActuSF de m’avoir fait parvenir une copie du roman Le Songe d’une nuit d’octobre de Roger Zelazny.


ZELAZNY, Roger, Le Songe d'une nuit d'octobre, Chambéry, ActuSF, coll. « Hélios », 2019 [1993], 195 p.
ZELAZNY, Roger, Le Songe d’une nuit d’octobre, Chambéry, ActuSF, coll. « Hélios », 2019 [1993], 195 p.

Titre: Le Songe d’une nuit octobre

Auteur: Zelazny, Roger

Rating: 3 étoiles ; 6/10

Genre: Fantastique, mystère

Langue originale: Anglais

Édition: ActuSF, 2019 [1993]

Description: Octobre. Dans 31 jours, le portail s’ouvrira et les Grands Anciens déferleront sur le monde

Dracula, Sherlock Holmes, Raspoutine, le docteur Frankenstein… Ils seront tous là. Mais feront-ils partie des ouvreurs avides de pouvoir, ou seront-ils des fermeurs qui s’opposeront aux horreurs indicibles ?

Les familiers de ces personnages seront eux aussi impliqués dans cette murder party ésotérique riche en rebondissements. Tout particulièrement Snuff, un chien dont le maître, Jack, aime se promener la nuit dans Londres avec son grand couteau…

Le Jeu va commencer.

Quel sera votre camp ?


Le Songe d’une nuit d’octobre de l’auteur américain Roger Zelazny – A Night in the Lonesome October[1] de son titre original – débute ainsi :

Je suis un chien de garde. Mon nom est Snuff. Je vis avec mon maître Jack dans les faubourgs de Londres (p. 9).

Ces trois phrases contiennent tout ce que vous avez besoin de savoir : oui, l’histoire est racontée du point de vue d’un chien à l’intelligence surhumaine appelé Snuff. J’étais séduite dès les premières lignes. Qui plus est, celles-ci annoncent bien la couleur du roman : le style d’écriture comme l’humour.

Une écriture simple et fluide

En effet, comme le laisse entendre les phrases à construction simple[2] de l’extrait ci-haut, le style d’écriture est très élémentaire. Loin d’être un défaut, cela me semble un choix approprié compte tenu que le récit est relaté par un chien. De plus, cela contribue sans doute à la fluidité du texte, qui se dévore en une bouchée.

Un humour décalé (par rapport à la réalité)

L’humour du livre n’est pas grandiloquent. Ni les personnages ni les situations ne sont drôles de prime abord. Il s’agit d’un humour « indirect », dans le sens où il provient du décalage entre notre réalité et celle du livre. Le comique est surtout dans la perception du lecteur, dans sa constatation de circonstances loufoques pour nous. Par exemple, je ne peux m’empêcher de sourire en lisant :

» — En effet, lui ai-je répondu. Ça vole pour toi ?

» — Ça vole, ça vole. Et toi, ça rampe ? (p. 70)

Il s’agit a priori d’un dialogue tout à fait banal pour les deux familiers. Pourtant, cet échange est amusant pour le lecteur qui s’imagine le genre de small talk auquel se livrent un hibou et un serpent.

Des références nombreuses, mais non intrusives

Si les références abondent dans Le Songe d’une nuit d’octobre, elles prennent pourtant peu de place en raison de la manière dont elles sont amenées. Elles opèrent comme un bonus pour ceux qui connaissent les figures évoquées, mais leur ignorance ne nuira en rien au plaisir de lecture des autres. Comme la quatrième de couverture le promet, les personnages de Dracula, Sherlock Holmes, Raspoutine, Frankenstein sont présents, avec en prime Jack l’éventreur, mais ils ne sont jamais nommés. Dracula est le « Comte » ; Sherlock Holmes et John Watson sont le « Grand Détective et son compagnon » ; Raspoutine est « Rastov » ; le docteur Frankenstein est le « Bon Docteur » ; et Jack l’éventreur est tout simplement « Jack ». Subséquemment, je me demande à quel point ces protagonistes sont identifiables pour le lecteur qui n’est pas prévenu d’avance (par ex., par la quatrième de couverture, comme c’est le cas de cette édition-ci) et qui donc ne saura pas quoi chercher comme indices.

Une fin un peu abrupte

Le seul reproche que j’aurais à faire, et il ne s’agit pas de quelque chose de majeur, concerne la fin. Elle m’a semblé un peu abrupte et je pense qu’un court épilogue aurait été le bienvenu. Je comprends que les chapitres suivent les jours d’octobre, mais l’auteur aurait pu facilement ajouter un truc tel que « 1er novembre – Après le Jeu ».

Une agréable surprise

Le Songe d’une nuit d’octobre de Roger Zelazny est un roman que je ne m’attendais pas à apprécier autant, car ni le fantastique ni le mystère ne sont mes genres de prédilection. Pourtant, le concept m’a absolument charmée. Les références s’intègrent naturellement au récit. L’humour est subtil, mais bien présent. L’écriture est simple, mais efficace, et le tout se lit tout seul.

Je décrivis un grand cercle autour du sommet de la colline, pissant sur une pierre après l’autre pour accompagner mes réflexions, en partie afin de garder la trace de mes lignes, en partie pour me calmer les nerfs (p. 54).


[1] Paru en 1993, A Night in the Lonesome October est le dernier roman de Roger Zelazny et l’un de ses préférés (WIKIPEDIA, « A Night in the Lonesome October », <https://en.wikipedia.org/wiki/A_Night_in_the_Lonesome_October> [page consultée le 11 avril 2019]).

[2] Les deux premières phrases de l’extrait sont très courtes et adoptent la structure de base Sujet-Verbe-Complément ; la troisième y ajoute un complément de phrase, mais la composition reste rudimentaire.


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