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Avis lecture: Les Neiges de l’éternel, Claire Krust

Merci aux éditions ActuSF de m’avoir fait parvenir une copie du roman Les Neiges de l’éternel de Claire Krust.


KRUST, Claire, Les Neiges de l'éternel, Chambéry, ActuSF, 2015, 172 p.
KRUST, Claire, Les Neiges de l’éternel, Chambéry, ActuSF, 2015, 172 p.

Titre: Les Neiges de l’éternel

Auteure: Krust, Claire

Rating: 3 étoiles ; 5/10

Genre: Fantasy historique

Langue originale: Français

Édition: ActuSF, 2015

Description: Dans un Japon féodal fantasmé, cinq personnages racontent à leur manière la déchéance d’une famille noble. Cinq récits brutaux qui voient éclore le désespoir d’une jeune fille, la folie d’un fantôme centenaire, les rêves d’une jolie courtisane, l’intrépidité d’un garçon inconscient et le désir de liberté d’un guérisseur. Le tout sous l’égide de l’hiver qui s’en revient encore.


Les Neiges de l’éternel est le premier livre de l’auteure française Claire Krust. Le roman était offert par ActuSF à ses partenaires dans le cadre de l’initiative Retour vers le futur. Il s’agit d’une suite de cinq récits de fantasy historique liés par les liens du sang de la famille d’un Daimyô.

La première ville qu’elle traversa, en début d’après-midi, s’appelait Laruku. Arc-en-ciel. Le nom poétique laissait espérer un endroit prospère et plein d’espoirs (p. 8).

De la fantasy historique plus historique que fantaisiste

Bien que Les Neiges de l’éternel soit techniquement un ouvrage de fantasy puisqu’il comporte des éléments de surnaturel, il se lit davantage comme un roman historique. En effet, l’aspect « fantasy » ne se manifeste que par petites touches. Il ne faut pas vous lancez dans la lecture de ce livre en pensant que vous vous plongez dans une histoire de fantasy typique, sinon vous serez probablement déçu.

Le cadre historique de l’ouvrage, quoiqu’il s’agisse techniquement d’un Japon féodal fantasmé, est par ailleurs la facette la plus intéressante du livre selon moi. J’aime que l’on aborde une culture dont je suis moins familière, et Krust parvient à expliquer de nombreux concepts sans toutefois alourdir le texte.

L’étagère était un kamidana, une étagère d’âmes. De là où il se trouvait, Takeshi pouvait distinguer la tablette de bois sur laquelle devait être inscrit le nom du défunt auquel le kamidana était destiné, ainsi que celui de ses ancêtres. Elle n’était pas très haute, de sorte qu’une fois à genoux il était inutile de lever les yeux pour prier. De petits vases étaient disposés sur le bord, vides. Ils avaient sans doute autrefois reçu les offrandes d’eau, de riz et de sels destinées à rendre hommage au défunt. L’étagère se trouvait directement dans l’axe de la fenêtre et faisait face à l’est, comme le voulait la coutume. Ses deux battants étaient grands ouverts, dévoilant la peinture (p. 103).

Un texte qui prend son temps

Le rythme du tout est plutôt lent et il y a peu d’action. Ce n’est pas une critique, mais un simple fait dont je vous fais part puisqu’il peut informer votre décision quant à savoir si vous lirez l’ouvrage ou non. Personnellement, je n’ai rien contre cela, surtout si c’est parce que l’auteure prend le temps de bien installer son univers et ses personnages.

Une division qui rend l’attachement difficile

KRUST, Claire, Les Neiges de l'éternel, Chambéry, ActuSF, coll. « Hélios », 2018 [2015], 368 p.
KRUST, Claire, Les Neiges de l’éternel, Chambéry, ActuSF, coll. « Hélios », 2018 [2015], 368 p.

Ce avec quoi j’ai eu un peu plus de mal, c’est la division du livre. Les cinq récits, pris séparément, sont relativement courts. À chaque fois que je commençais à m’attacher à un personnage, à bien rentrer dans l’histoire, le récit s’arrêtait plus ou moins abruptement pour s’attarder à celui d’un autre protagoniste. Du coup, je ne suis pas parvenue à m’investir pleinement dans le destin tragique de cette lignée. Cela dit, le tout est, de façon globale, bien construit, et l’ordre des récits bien choisi. La fin du livre est d’ailleurs parfaitement appropriée. À noter cependant, il ne faut pas vous attendre à connaître toutes les réponses à vos questions à la conclusion de l’histoire.

Un livre qui n’est pas pour tout le monde

Les Neiges de l’éternel est une œuvre à l’approche intéressante, mais dont la lenteur, le peu d’action et le surnaturel subtil déplaira au lecteur en quête de sensations et d’une fantasy plus franche. Et si j’ai généralement eu de la difficulté à m’investir émotionnellement dans le récit de Claire Krust, j’ai toutefois particulièrement apprécié la fin de la partie IV, « L’intrus dans la maison ».

Et le sommeil, lorsqu’il arrivait enfin, était de ce plomb qui n’abandonnait aucun songe derrière lui. Mais il n’y avait rien à rêver et Sayuri n’aimait pas les rêves, surtout lorsqu’ils prenaient fin (p. 71).


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