Extrait, Féminisme, Littérature américaine, Non-fiction, SCUM Manifesto, Valerie Solanas

Extrait : un doigt d’honneur à Papa dans le SCUM Manifesto de Valerie Solanas

SCUM Manifesto de Valerie Solanas

SCUM, c’est l’énorme crachat que Valerie Solanas renvoie aux hommes. Sa violence est une réponse à la violence. Avant que Kate Millett ne théorise la politique sexuelle du mâle, Valerie Solanas l’a dénoncée au niveau viscéral, et à la différence de Betty Friedman elle ne s’en prend pas aux institutions mais aux hommes qui les incarnent, tous les hommes, avec férocité.

Extrait de la version originale

SOLANAS, Valerie, SCUM Manifesto, Ex Libris Provokateur, [1967], p. 10.

SOLANAS, Valerie, SCUM Manifesto, 1967.
SOLANAS, Valerie, SCUM Manifesto, 1967.

On the other hand, those females least embedded in the male `Culture’, the least nice, those crass and simple souls who reduce fucking to fucking, who are too childish for the grown-up world of suburbs, mortgages, mops and baby shit, too selfish to raise kids and husbands, too uncivilized to give a shit for anyones opinion of them, too arrogant to respect Daddy, the `Greats’ or the deep wisdom of the Ancients, who trust only their own animal, gutter instincts, who equate Culture with chicks, whose sole diversion is prowling for emotional thrills and excitement, who are given to disgusting, nasty upsetting `scenes’, hateful, violent bitches given to slamming those who unduly irritate them in the teeth, who’d sink a shiv into a man’s chest or ram an icepick up his asshole as soon as look at him, if they knew they could get away with it, in short, those who, by the standards of our `culture’ are SCUM… these females are cool and relatively cerebral and skirting asexuality.

Extrait de la traduction française

SOLANAS, Valerie, SCUM Manifesto, infokiosques.net, 2003 [1967], p. 21.

Les femmes qui sont les moins compromises dans la culture mâle, celles qui ne sont pas charmantes, ces esprits simples et grossiers pour qui baiser n’est que baiser, trop infantiles pour ce monde adulte de grands ensembles, d’intérêts à 14%, de casseroles et de merde de bébé, trop arrogantes pour respecter Papa, les « Grands » ou la profonde sagesse des Anciens, qui ne font confiance qu’à leurs instincts les plus bas, pour qui la seule Culture, c’est le déchaînement des femmes, dont le seul divertissement est de rôder à la recherche d’émotions et d’événements excitants, qui « font des scènes » et offrent le spectacle répugnant, vil, gênant, de salopes acharnées contre ceux qui leur agacent les dents, qui n’hésiteraient pas à planter un couteau dans le ventre d’un type ou à lui enfoncer un pic à glace dans le cul au premier coup d’œil si elles pensaient pouvoir s’en tirer, bref  celles qui, selon les critères de notre « culture », sont la lie de la terre, les SCUM… sont des filles à l’aise, plutôt cérébrales et tout près d’être asexuées.


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