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Les mésaventures d’une fille de région à Montréal : en route vers le lancement du roman L’annexe de Catherine Mavrikakis

Le 3 septembre dernier, je suis allée au lancement du dernier roman de l’auteure québécoise Catherine Mavrikakis, L’annexe, à la Librairie Gallimard. Je souhaitais assister à la discussion, puis saluer mon ancienne enseignante pour un autre livre incontestablement réussi. Les choses ne se sont pas passées comme prévues.

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Je pars en voiture de chez moi à 16h00 pour me rendre à l’arrêt d’autobus. J’attends l’autobus, il est légèrement en retard. Pas de souci, c’est normal, j’ai l’habitude. Le bus arrive finalement, je grimpe et le chauffeur #1 (pour le distinguer du chauffeur #2 à venir plus loin dans l’histoire) m’apprend que mes billets de bus ne sont plus admissibles. La ville de Saint-Jean-sur-Richelieu a récemment changé son système pour les titres d’autobus : on a maintenant des cartes à puce. Ainsi, même s’il est écrit au revers de mes billets de 2018 que je peux les utiliser en 2019 en payant la différence (10¢), ils ne sont plus valides. Le chauffeur #1, aimablement compréhensif, accepte mon billet. Merci chauffeur #1, ma soirée aurait été encore pire si ce n’avait été de vous.

En route vers Montréal! On est à contresens du gros trafic, donc on avance bien… jusqu’au centre-ville. On doit s’arrêter pour attendre notre tour pour ne pas perturber le chaos organisé qu’est le terminus Bonaventure. Le temps file, je sais que je vais être en retard.

On descend enfin. Je dois acheter deux passages pour prendre le métro (1 pour l’aller, 1 pour le retour). C’est le début du mois, le lendemain de la Fête du Travail : une foule fait la file pour renouveler leur carte de métro. Moi, je m’étais dit que la plupart des gens se seraient occupés de cela le matin, mais non. Je soupire intérieurement, me met en file et j’attends. Tictac. La file diminue lentement. Tictac. Le gars devant moi n’a pas l’air de savoir comment utiliser la machine, mais je ne veux pas le brusquer ou le gêner en lui offrant mon aide. Tictac. Je vais être super en retard. Tictac.

C’est mon tour! J’achète deux passages. Je manque le métro en gare parce que la personne devant moi a décidé que Dieu ne l’avait pas dotée de jambes pour les utiliser (je suis injuste ici, mais dans l’état d’esprit où j’étais, c’était une goutte d’eau de plus dans le vase). Pas grave, pas grave. J’attends le métro suivant. Je monte. Il y a un gars soûl qui put l’alcool et le tabac froid dans mon compartiment. Je retiens mon souffle pour quelques stations. Je débarque pour un transfert de ligne, qui se passe bien (c’est toujours ça de pris).

Je descends à la station voulue. Je sors. Je dois marcher jusqu’à la librairie. Je regarde à gauche, à droite. Je ne connais pas le coin et j’ai un sens de l’orientation tout pourri. Je me trompe évidemment de côté. Heureusement, je m’en rends compte assez rapidement grâce à mon cellulaire. Vive la technologie! Je reviens sur mes pas. Je marche. Le chemin est en côte. J’escalade. Je gravis la montagne. Tous les deux coins de rue empestent le cannabis froid, les autres le tabac. Je marche… J’avais visiblement sous-estimé la distance entre la station et la librairie.

J’aboutis finalement devant la Librairie Gallimard. Elle est de l’autre côté de la route. La traverse piétonne est un peu (beaucoup) plus loin. Je contemple la circulation et mes chances d’en sortir vivante si je me lance entre les véhicules. Je me rappelle la loi de Murphy (si quelque chose peut aller mal, ça va aller mal) et décide que ce serait bête de mourir après tout ce chemin, surtout que je suis déjà en retard de toute façon. Je me rends au coin de la rue, je manque la lumière piétonne. J’attends la prochaine. Un petit bonhomme blanc apparaît et m’indique que je peux traverser.

J’arrive à la Librairie Gallimard en sueur de mon ascension. Le lancement débutait à 17h30. Il est 18h00. Je suis partie à 16h00. Ça m’a pris un total de deux heures pour me rendre à la librairie alors que, sans trafic ni pépin, ça n’aurait pas dû me prendre plus de 45 minutes. Ajoutez une demi-heure et je suis bonne pour me rendre à Québec. Peut-être que je devrais aller aux lancements qui se donnent là-bas…

La librairie est bondée. Je suis acculée à l’entrée du bâtiment. L’intérieur est ainsi fait que je ne vois pas Catherine Mavrikakis, même pas le dessus de sa tête. La discussion est en cours, mais pas terminée. Je l’entends à travers les haut-parleurs. J’écoute le reste de la discussion. Elle s’exprime bien en public, comme toujours.

On boucle la première partie des festivités. Les gens se mettent à bouger, mais la librairie se désengorge à peine. Pour saluer l’auteure, il faudrait jouer du coude. Je suis épuisée, je suis découragée… Tant pis. Je repars en me disant que je vais éviter la noirceur. Je n’aurai pas vu Catherine Mavrikakis.

Je re-marche les 15 millions de kilomètres qui me séparent de la station de métro. C’est moins fatigant en descendant la côte. Je prends le métro, je change de ligne, je débarque à ma station. Je me mets en file pour le bus. Je cherche mes billets de bus, ne les trouve pas. Je fouille le fond de mon sac, les retrouve. La bretelle de mon sac me lâche. Rien de bien dramatique, ce n’est pas un sac auquel je tiens, mais je me dis que Murphy pourrait trouver une autre victime sur qui s’acharner.

Non. Je grimpe dans le bus. Le chauffeur #2, beaucoup moins compréhensif que le chauffeur #1, refuse mes billets. Rappelez-vous, ils ne sont plus valides. Il s’exclame que la ville ne prend plus de billets comme ceux-là depuis au moins 2-3 ans. Je veux bien croire que Saint-Jean a changé de système, mais le chauffeur #2 est clairement à côté de la plaque. Mes billets sont estampillés « 2018 » et je les ai utilisés en novembre dernier pour le Salon du livre de Montréal. Ça ne fait pas 2-3 ans! Il a la notion du temps déglinguée. Peu importe, je lui demande le montant pour un passage vers Saint-Jean. Il me répond : 10,50$. Un peu plus de dix dollars pour un voyage d’une quinzaine de minutes! Avec mes autres dépenses, cette soirée m’aura coûté cher.

Bref, je suis parvenue à la maison le portefeuille un peu plus léger et momentanément dégoûtée de la grande ville. J’espère que le prochain lancement pour lequel je me déplace sera plus agréable. Mais il ne faut pas que mon expérience fâcheuse vous empêche de lire L’annexe de Catherine Mavrikakis, le roman est excellent lui!


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2 réflexions au sujet de “Les mésaventures d’une fille de région à Montréal : en route vers le lancement du roman L’annexe de Catherine Mavrikakis”

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