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Avis lecture : Les Ombres d’Esver, Katia Lanero Zamora

Merci aux éditions ActuSF de m’avoir fait parvenir une copie du roman Les Ombres d’Esver de Katia Lanero Zamora.


Les Ombres d'Esver Katia Lanero Zamora
LANERO ZAMORA, Katia, Les Ombres d’Esver, Chambéry, ActuSF, coll. « Naos », 2018.

Titre: Les Ombres d’Esver

Auteure: Lanero Zamora, Katia

Genre: Fantasy, conte

Rating: 3 étoiles ; 6/10

Langue originale: Français

Édition: ActuSF, 2018

Description: Amaryllis a 16 ans et n’a jamais connu que la maison où elle est née, le domaine d’Esver, reculé, magnifique, mystérieux. Dans ce manoir qui tombe en ruines où elle vit seule avec sa mère austère, elle étudie la botanique avec l’espoir d’en faire son métier… Le jour où elles reçoivent une lettre du père annonçant la vente du domaine et le mariage forcé d’Amaryllis à un de ses associés, tout bascule. Pour échapper à ce destin, malgré les ombres qui hantent ses nuits, la jeune fille répondra-t-elle à l’aventure fantastique qui se cache derrière les portes fermées d’Esver ?

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Un conte gothique

Paru en 2018 chez ActuSF dans la collection « Naos », Les Ombres d’Esver est un roman de fantasy de l’autrice belge Katia Lanero Zamora. Il est décrit par l’éditeur comme un conte gothique. Je comprends pourquoi : le décor – le domaine d’Esver, les ombres – fait très gothique et de nombreux thèmes et motifs – la « princesse » enfermée, la mère « sorcière », les créatures, la botanique, etc. – renvoient aux contes. Vous remarquerez cependant l’usage des guillemets, car l’écrivaine détourne ces idées plutôt que de les remâcher.

Un récit à la frontière entre réalité et fiction

Lanero Zamora parvient à faire une chose qui tend à me déplaire, car souvent ce genre de twist – que je ne peux nommer, évidemment – m’apparaît « cheap », mais ici il est parfaitement exécuté et justifié. Elle joue habilement avec les frontières entre réalité et fiction et entretient l’ambivalence jusqu’à la dernière phrase. Si l’incertitude pourra peut-être frustrer certains lecteurs, je pense personnellement que le roman, et particulièrement la fin, n’en est que plus solide.

Une relation mère-fille complexe et touchante

Plus que l’aspect fantasy, c’est la relation mère-fille qui m’a fascinée. On s’éloigne rapidement de l’antagonisme typique entre la jolie jeune princesse – Amaryllis – et sa mère abusive – Gersande – au fur et à mesure que l’autrice nous révèle les deux côtés de la médaille. Gersande est loin d’être irréprochable, mais le lecteur peut la comprendre.

Gersande de Vincenaux avait passé les dix dernières années à croître comme une fleur sauvage dans un endroit sans soleil et venteux (p. 13).

Les personnages sont complexes et leur relation l’est tout autant, ce qui permet au lecteur de s’y identifier. La conclusion de leur arc narratif commun est incroyablement satisfaisante. J’ai rarement été aussi touchée par un tel rapport.

Une histoire d’émancipation féministe

Le roman a certainement une tendance féministe. À un premier degré, le livre commente fréquemment sur le sexisme du monde dans lequel Amaryllis et Gersande vivent.

le seul espoir d’une femme en notre monde, c’est d’avoir un père qui l’aime assez pour la vendre à un homme respectable (p. 26).

Ensuite, il est porté par deux protagonistes féminins bien développés, s’intéresse à leur lien complexe et se centre sur leur quête d’émancipation. Les héroïnes doivent non seulement se libérer de leurs démons intérieurs (qui se manifestent littéralement dans leur cas), mais aussi des hommes (elles sont les possessions de mari, frère, père) et des chaînes de la société patriarcale (par exemple, en cherchant à devenir financièrement autonome).

Une agréable surprise

Les Ombres d’Esver m’a agréablement surprise. Pas parce que je croyais ne pas l’apprécier, mais parce que le plaisir de lecture que j’en ai tiré n’est pas provenu des éléments auxquels je m’attendais. Plus qu’une histoire de fantasy typique ou un conte traditionnel, le roman opère à plusieurs niveaux, se révélant d’une grande profondeur. Qui plus est, soulignons le style magnifique de l’autrice Katia Lanero Zamora :

Sur le bout de sa langue, le goût du mystère et de l’interdit. Dans sa tête, des injonctions raisonnables de ne pas suivre la demande des créatures qu’elle avait rencontrées. Dans son cœur, une vive envie de répondre à leur invitation à vivre une aventure (p. 46).

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