Une fille de dos, avec des mèches blanches dans sa chevelure noire
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Avis lecture : Quelques battements d’ailes avant la nuit, Ariane Gélinas

Quelques battements d’ailes avant la nuit Ariane Gélinas
GÉLINAS, Ariane, Quelques battements d’ailes avant la nuit, Québec, Alire, 2019, 242 p.

Titre : Quelques battements d’ailes avant la nuit

Autrice : Gélinas, Ariane

Genre : Fantastique, thriller

Rating : 3 étoiles; 5.5/10

Langue originale : Français

Édition : Alire, 2019

Description : Séverine Proulx a été élevée par sa tante Garance, une véritable globe-trotter. C’est pourquoi, à l’aube de la trentaine, la jeune femme, qui n’a jamais eu de véritable port d’attache, espère poser pour de bon ses pénates quelque part pour vivre enfin une vie « normale ».

Une offre d’emploi l’amène à Fermont, petite ville minière du grand Nord québécois connue avant tout pour son emblématique mur-écran, gigantesque édifice qui abrite la majorité des habitants et la quasi-totalité des commerces tout en servant de rempart contre les terribles vents de l’hiver qui sévissent à cette latitude.

Dès son arrivée et en dépit de l’ambiance qui plombe la ville – une femme a récemment été assassinée –, Séverine est séduite par la beauté sauvage de la nature qui entoure la petite communauté isolée… mais aussi par ses nouveaux voisins, Alban, un ex-monteur de lignes qui a la particularité d’élever des grenouilles, et Tshenu, un vieux Naskapi atteint de narcolepsie qui connaît tous les sentiers sillonnant les montagnes environnantes.

Or, quand Séverine apprend qu’une deuxième femme a disparu, sa nature anxieuse refait surface, et bientôt ce sont des visions morbides qui hantent son esprit. Comme si un lien ténu se nouait entre elle et une mystérieuse présence, comme si Séverine sentait sourdre des profondeurs même de la fosse du Labrador une sombre énergie…

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L’appel du Nord

L’intrigue de Quelques battements d’ailes avant la nuit d’Ariane Gélinas, roman paru chez Alire en 2019, se situe à Fermont. Isolé dans le grand Nord, l’endroit est reconnu pour son mur-écran qui permet aux habitants de vivre à l’abri du froid. Ce décor est donc parfait pour un thriller fantastique à saveur de mythologie amérindienne.

À travers l’amour de l’héroïne pour les paysages nordiques et la randonnée, l’autrice québécoise parvient à nous faire entendre – malgré les horreurs qui se passent dans la ville minière au moment où le récit se déroule – l’appel du Nord, sujet sur lequel elle s’est d’ailleurs exprimée au Salon du livre de Montréal en 2019 en compagnie de Vanessa Bell, de J. D. Kurtness, d’Isabelle Lafortune et d’Isabelle Grégoire. J’irais presque m’établir à Fermont même si je suis frileuse.

Chacune de ses enjambées la portait jusqu’à un espace précis et inédit, scellait un pacte entre elle et cette zone qu’elle s’appropriait, territoire vierge qui pulsait sous ses semelles (p. 19).

Les Fermontois et la nomade

Dans la communauté tissée serrée où tout le monde se connaît au moins de vue, l’écrivaine introduit Séverine. Cette dernière est déterminée à « s’attacher à ce lieu fuyant où les morts n’avaient pas d’emplacement pour se reposer » (p. 16) en dépit de son « trouble du nomadisme ».

Ce qu’elle nommait son « trouble du nomadisme » était à l’origine de la majorité de ses problèmes. Depuis son enfance, élevée par sa tante qui gravitait de mission humanitaire en mission humanitaire, Séverine n’avait jamais réussi à se poser au même endroit plus de six mois. Une fois ce délai révolu, elle avait l’impression qu’un piège à ours se refermait sur ses chevilles. Et elle repartait, abandonnait amis et amoureux éphémères pour se jeter bras déliés dans l’inconnu (p. 2).

Au fil du roman, l’incapacité de la protagoniste à s’ancrer est rendue grâce, entre autres, aux rappels de ses anciens amants (ex. : Maxence, Benoît, Philip, Marc), une liste de noms sans profondeur. Son trouble crée un intéressant contraste avec les Fermontois qu’elle croise, qui tiennent tout spécialement à leur territoire et à son histoire.

La recette gagnante, à un ingrédient près

Quelques battements d’ailes avant la nuit d’Ariane Gélinas présente une recette gagnante : un décor aussi magnifique que dangereux; une héroïne aventureuse à laquelle on peut facilement s’identifier; un cast pittoresque qui ne tombe pas dans le cliché absolu (j’ai particulièrement apprécié la Team Bibliothèque que forment Séverine, Palmyre et Thomas). Si la mixture ne gèle pas tout à fait en ce qui me concerne, c’est que les éléments surnaturels sont trop peu nombreux. Je préfère mon fantastique un peu plus appuyé. Sinon, le roman se dévore rapidement.

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