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Avis lecture: Dans l’ombre de Paris (La Dernière Geste, Premier chant), Morgan of Glencoe

Merci aux éditions ActuSF de m’avoir fait parvenir une copie du roman Dans l’ombre de Paris de Morgan of Glencoe.


Dans l’ombre de Paris de l’auteure bretonne Morgan of Glencoe est la réédition chez ActuSF du roman de fantasy auto-édité Si loin du Soleil. Avis lecture sur lilitherature.com.
GLENCOE, Morgan of, Dans l’ombre de Paris, Chambéry, ActuSF, coll. « Naos », 2019.

Titre: Dans l’ombre de Paris

Auteure: Glencoe, Morgan of

Genre: Fantasy, uchronie

Rating: 3 étoiles ; 6/10

Langue originale: Français

Édition: ActuSF, 2019

Description: Depuis des siècles, les humains traitent les fées, dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.

Lorsque la princesse Yuri reçoit une lettre de son père lui enjoignant de quitter le Japon pour le rejoindre, elle s’empresse d’obéir. Mais à son arrivée, elle découvre avec stupeur qu’elle a été promise à l’héritier du trône de France ! Dès lors, sa vie semble toute tracée… jusqu’à ce qu’une femme lui propose un choix : rester et devenir ce que la société attend d’elle ou partir avec cette seule promesse : « on vous trouvera, et on vous aidera. »

Et si ce « on » était la dernière personne que Yuri pouvait imaginer ?


Dans l’ombre de Paris de l’auteure bretonne Morgan of Glencoe, paru le 6 septembre 2019, est la réédition chez ActuSF du roman de fantasy auto-édité Si loin du Soleil.

Des scènes d’action plus ou moins efficaces

De façon générale, l’écriture m’a convaincue. Le seul hic, ce sont les scènes d’action. Je les trouve un peu sèches.

Le choc fit vibrer les parois de plexiglas ; pendant quelques instants, l’assistance ne put rien distinguer de ce nœud de corps qui se contorsionnaient convulsivement dans les airs. Finalement, Qatil asséna dans le ventre de Shura un solide coup de genou. La Selkie s’écrasa contre la surface de l’eau. Elle y coula une seconde avant de recouvrer ses esprits, mais ramena bientôt ses bras devant elle, en défense (Prologue).

Ce n’est pas la première fois que j’ai ce problème, j’ai souvent du mal avec ce genre de scènes dans les romans. Même dans certains de mes romans favoris, les scènes typiques d’action sont celles que j’aime le moins. Je n’en tiens donc pas trop rigueur à l’auteure.

Des messages importants, mais livrés avec peu de subtilité

Certains messages délivrés par le roman le sont avec peu de finesse. Je pense ici notamment à la question du racisme, du sexisme et de la culture du viol. Ce sont des sujets qu’il est important d’aborder, spécialement à notre époque où l’on cherche (lentement) à renverser les inégalités raciales et sexuelles et à changer les mentalités concernant le viol. Cela dit, je remets en question l’exécution ici. Par exemple, il y a un moment où j’avais littéralement l’impression de lire une campagne « non, c’est non! » :

— Elle t’a embrassé, d’accord, dit Samuel. Vous vous êtes fait la cour, d’accord. Mais es-tu certain qu’après t’avoir dit non plusieurs fois, elle voulait vraiment coucher avec toi à ce moment-là ? Es-tu certain qu’elle n’avait pas besoin d’un peu plus de temps pour, disons, franchir le pas ?

— Non mais attends, Sam, je suis pas ce genre de type, moi. Je suis pas un violeur. Elle m’aurait vraiment dit non, j’aurais arrêté de suite (Chapitre VII : Rire et mourir).

C’était comme si l’auteure avait une liste de choses dont elle voulait parler par rapport à la culture du viol et que je pouvais cocher les éléments au fur et à mesure : le préjugé envers la fille parce qu’elle a dû se prostituer par le passé, check; le gars qui croit que la fille ne veut pas vraiment dire non, check; le gars qui ne se voit pas comme un violeur, check; etc. Bien sûr, il est tout à fait légitime d’avoir une « liste » dans sa tête, mais le lecteur ne doit pas avoir le sentiment de lire un plaidoyer point par point.

Des personnages attachants et un univers fascinant

J’en ai fini avec le négatif. Il n’y a que du bon ensuite! Hormis la partie « action » dont j’ai parlé plus tôt, le prologue fait magnifiquement son travail : il établit l’univers et ses règles fondamentales, nous présente quelques fées et parvient en une scène clé à nous rendre le personnage de Yuri sympathique malgré son apparente froideur due à sa condition de princesse japonaise. Ensuite, Glencoe nous rend très rapidement les Fourmis (les employés du Rail) et les Rats (ceux qui se sont réfugiés dans les égouts de Paris) très attachants. Même les antagonistes sont intéressants, notamment le prince Louis-Philippe. Enfin, l’univers est tout à fait fascinant. J’adore les différents types de fées que l’auteure décrit et elle m’a gagnée à leur cause tout de go.

Premier chant de La Dernière Geste

Comme Dans l’ombre de Paris se termine comme ça (!), il ne peut qu’y avoir une suite à ce roman de fantasy à l’univers savoureux. C’est assurément un climax aussi tragique qu’efficace!

Assister son époux lorsqu’il le requiert, organiser les réceptions royales et donner un héritier au Royaume de France. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Fin de l’histoire. Fin de la vie. Fin des rêves. À vingt ans. Comme un train qui s’arrêterait parvenu au bout des rails, sans possibilité de dévier de sa route ni même de la poursuivre un peu plus loin. L’image de la Capitaine Trente-Chênes s’imposa à l’esprit de la jeune femme. « Cette femme n’a pas de chaperon », avait dit Ryûzaki. Pas de chaperon. Pas de père, pas de fiancé, pas d’époux, pas de fils. Pas d’obligation envers un homme qui lui serait supérieur (Chapitre III : Le droit de choisir).


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6 réflexions au sujet de “Avis lecture: Dans l’ombre de Paris (La Dernière Geste, Premier chant), Morgan of Glencoe”

  1. Je suis en plein dans la lecture de ce roman (bientôt la fin 😦 ) tu réponds a une de mes interrogations qui est ce n’est pas (officiellement) un tome 1.
    J’aime beaucoup ce roman pour le moment j’espère que ça va continuer jusqu’à la fin

    Aimé par 1 personne

      1. Oh va falloir que je suive l’autrice alors 🙂
        J’ai d’ailleurs découvert chez toi qu’elle était française (le nom qu’elle a peut porter à confusion, j’ai cru à une anglophone 😮 )

        Aimé par 1 personne

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